Chasse_Spleen_99Le choix s'est donc porté sur un Château Chasse Spleen 1999. Ce Moulis-en-Médoc reste pour diverses raisons, l'un de mes domaines préférés du bordelais. Sur ce millésime il titre 12,8 % d'alcool ; avec sa robe rubis foncé cela annonce clairement le caractère délicat de ce vin. Le nez présente des arômes de baies (cassis, groseille à maquereaux, mûre sauvage) avec des notes florales et mentholées. L'attaque en bouche nous offre des flaveurs de groseille et de réglisse. Puis arrive l'expression minérale qui domine des tanins et une acidité très fondus dans les saveurs de fruits rouges et de prune. Finale délicate, d'une bonne persistance, avec une légère amertume. Servir à 17° après aération en carafe pour accompagner une viande délicate et peu relevée.

SpleenChasse_Spleen_99_c

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle

Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,

Et que de l'horizon embrassant tout le cercle

Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;


Quand la terre est changée en un cachot humide,

Où l'Espérance, comme une chauve-souris,

S'en va battant les murs de son aile timide

Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;


Quand la pluie étalant ses immenses traînées

D'une vaste prison imite les barreaux,

Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées

Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,


Des cloches tout à coup sautent avec furie

Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,

Ainsi que des esprits errants et sans patrie

Qui se mettent à geindre opiniâtrement.


-Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,

Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,

Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,

Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

Charles Baudelaire, Les fleurs du mal.